The Signes Trail Salomon : dimanche 28 avril 2008
Edouard et Thierry prennent leurs marques !
05h00 : le réveil sonne chez les fêlés. Christian, Edouard Thierry et Nicolas ont rendez-vous avec la
Sainte-Baume aujourd’hui et devront gravir les 2250 mètres de dénivelé et parcourir les 45 kilomètres de l’édition 2008 du Trail de Signes pour devenir finishers de leur premier Ultra
Trail.
Il fait noir, pas de bruit dans la maison, le sac est prêt depuis la veille. Une douche pour se réveiller.
05h30 : Mise en place du cardio, application de la crème Nok pour éviter ces petits bobos qui gâchent tout au
fil des heures. Ajustement de la tenue longuement préparée la veille et petit déjeuner avec un demi « gato-sport chocolat aux pépites de chocolat » pour tester ses effets en
configuration longue durée.
06h00 : départ direction le parc du 26e centenaire où Nicolas retrouve Edouard et Christian. Tout
d’orange vêtus avec leurs sacs et leurs bâtons sur le dos, aujourd’hui ça sent le test grandeur nature.
06h45 : Arrivée à proximité de Signes, le soleil nous salue en se levant magistralement pour nous accueillir.
Stationnement sur le parking où l’on retrouve Thierry alias Messi (Messi Heussocks pour les initiés). D’ailleurs des sources sures font état d’un probable transfert vers le pays du soleil levant
au cours du mois.
07h15 : Retrait des dossards. Retour à la voiture où l’on parfait les réglages. Nos quatre membres actifs de la
section des fadas plaisante déjà pour se rassurer car autour d’eux, il n’y a que des avions, des vrais, des golgoths aux jambes ENORMES, des qui courent bien et qui vont très très très
vite…
08h00 : Le départ est donné en musique au cœur du village de Signes par Samuel Bonaudo (quatrième au dernier
UTMB). Rappelons que ce trail est la finale du challenge varois, les places seront chères.
Nos quatre compères partent joyeusement et tranquillement (presque à 11 km/heure tout de même) sur une petite route goudronnée en légère
descente selon les organisateurs (on en reparlera), mais déjà alors que la première montée en terre se profile, il ne reste que deux coureurs derrière nous dont un secouriste : quel
tempo !
La montée s’accélère et c’est l’occasion de sortir les bâtons. Thierry qui n’en a pas est parti devant mais nous attend un peu plus loin,
au pied d’un véritable mur. Pendant ce temps, Nicolas ne manque pas de questionner un concurrent sur son équipement et en particulier sur ses bâtons, les fameux Raidlight hyper légers mais
fragiles parait-il. Le concurrent 122, dont l’histoire ne dit pas le nom (pardon pour lui), lui répond qu’il est tombé de nuit sur le trail du Mercantour mais que courir de nuit c’est
incomparable (cf. sa dernière CCC fin août 2007). Que n’avait-il pas dit, Nicolas ne le quittait plus et lui posait 10 questions à la minute. Pendant ce temps les fantastiques creusaient l’écart
dans la montée et obligeaient Nicolas à faire l’effort pour rester au contact.
1 heure de course et 7 km de fait, bonne moyenne surtout qu’on a fait que monter mais les jambes sont déjà un peu lourdes, ce n’est pas
bon signe ( ;=)) ). Le premier sommet est atteint en 1h17 et malgré une jolie vue sur la vallée de Signes et la Sainte-Baume en arrière plan, tout le monde montre du cœur à l’ouvrage et se
jette à corps perdu dans cette première descente. Thierry passe en tête. Nicolas s’intercale entre lui et le groupe Christian-Edouard qui contrôle la situation à quelques mètres. C’est l’occasion
de se rendre compte que les bâtons sont aussi fort utiles en descente. De retour dans la vallée, on croise les traileurs du 21 km qui s’échauffent (ils partiront à 10h dans quelques minutes),
puis on passe près des voitures et arrive le premier ravitaillement. Le groupe s’y reforme. 1h45 de course et 14 km de faits, le classement est décevant mais les temps réalisés sont bons.
D’ailleurs nous repartons tout doucement, déjà tous un peu émoussés par ce parcours exigeant.
Quelques marches pour sortir du village puis une route de campagne goudronnée et nous laissons les derniers toits de Signes sur notre
gauche : direction la Sainte-Baume à douze heures ! Mais c’était oublier les premiers du semi qui nous déposent littéralement !!! Et oui il est déjà 10h15, les choses sérieuses
sont commencées pour eux aussi maintenant. C’est dans ce contexte pas très drôle où deux courses empruntent le même parcours que se déroulera toute la montée vers le deuxième sommet. Bref une
bonne demi-heure de « pardon ! pardon ! excusez moi ! oh les bâtons ! … » Clairement nous avons la distance à gérer et n’avons pas le même rythme que les traileurs
du 21 km qui entament leur première montée. Au sommet, c’est à nouveau le point de ralliement. Thierry est en tête, Nicolas le suit, puis c’est au tour de Christian qui a décroché Edouard
d’arriver. Celui-ci avance à son rythme. Raisonnable, il est conscient qu’il est le plus menacé aujourd’hui puisqu’il attaque son premier marathon, qui plus est dans un terrain très hostile sous
le soleil et en équipe ce qui peut être perturbant. Même si c’est un peu tôt pour l’apéro, les abricots sont remplacés par les TUC pour l’occasion et c’est en rigolant que nous nous élançons dans
cette nouvelle descente, relativement facile celle-là. Mais elle est relativement courte et ce n’est en fait qu’une pause dans la deuxième montée. Elle s’achève par une traversée de torrent (3
bons mètres) où les bâtons s’avèrent à nouveau très utiles pour ne pas tremper ses chaussures pour le reste de la journée. Commence alors une longue montée vers la Sainte-Baume. Au départ on
longe un magnifique torrent, on est sous les arbres au frais : presque que du bonheur (au 20 premiers kilomètres près). On escalade des cascades, c’est franchement magnifique, le terrain est
encore relativement plat. Un peu plus loin, Thierry part devant ayant constaté qu’il montait un peu moins vite dans les grosses pentes puisqu’il est le seul sans bâtons aujourd’hui. Le groupe
croise S. Bonaudo qui leur annonce qu’ils risquent de tomber nez à nez avec les premiers du 21 km dans quelques mètres mais ce ne sera finalement pas le cas. On arrive au deuxième ravitaillement
où l’on prend le temps de s’y restaurer : coca, tuc à volonté, saucisson sec pour Christian, cocktail de gâteaux apéritifs, bananes et puis faut y aller quand même. Le coureur 122 refait une
apparition et assène un petit coup au moral de Nicolas qui se satisfaisait mentalement de finir aujourd’hui devant un finisher de la CCC2007. Edouard lui glisse d’ailleurs son opinion : il
est sans doute dans le vrai : lentement mais sûrement ! Nicolas ne se résout pas et invective le groupe pour essayer de le rattraper. Edouard dans un bel esprit d’équipe prend tous les
risques et cède ses bâtons à Thierry pour attaquer le montée longue et difficile (en plein soleil) vers les crêtes du pilon du roi. Nicolas lui tente de montrer la voie et part à son rythme, il
retrouvera ses coéquipiers en haut. Le temps pour lui de comprendre que tous les traileurs qui passent alors devant lui suivent le même parcours que lui : le 45 km ! Et donc qu'eux
aussi devront repasser par-là mais dans au moins deux heures (d’après un bénévole) : le temps de descendre à l’hostellerie 500 m plus bas par le
chemin du Paradis (le mal nommé) et de remonter par le col du Saint Pilon ! Tous les coureurs qui passent actuellement, qui courent et qui souffrent, ont au moins deux heures d’avance (on
coure depuis 4h25) et les premiers sont passés ici il y a une heure : le moral s’assombrit ! Quand les autres arrivent on repart tranquillement
et Nicolas choisit de ne répondre qu’à leurs questions : s’ils ne demandent rien ils découvriront le programme bien assez tôt. Edouard ne tarde pas à le savoir.
Effectivement, deux heures plus tard le même bénévole est tout content de nous revoir et de nous demander : « Il reste
encore des coureurs derrière vous ? » « Oui au moins un ! » (et na!).
On se venge parce que d’après lui il restait à peine 10 km de descente, soit une heure et demi et juste une côte bien raide en single
track de 50 mètres. Que Nenni ! Et que n’avait pas fait Nicolas en répétant ça au groupe ! Pourtant il était fiable sur la première boucle.
Alors reprenons, il est 14h45, on court depuis presque 7 heures, on a parcouru près de 35 kilomètres et gravit 2OOO m sur les 2250
prévus, les organismes sont fatigués, on est presque les derniers et le temps s’est couvert ! Bref ça se complique. Du coup, l’équipe choisit de se rassembler et de courir ensemble dans les
pas l’un de l’autre, puis chacun à son tour, on passe devant pour tirer les coéquipiers. C’est Christian qui s’y colle le premier et dans la descente. Le terrain est particulièrement délicat et
technique, même en forme il est impossible de courir sans risquer de se tordre la cheville : cela ralentit considérablement notre progression. En plus, nos trois podomètres estiment que nous
sommes au 42ème km et toujours pas le moindre ravito (normalement au km 38) ! Quand soudain, ça y est, il est là. Il était temps, ils allaient tout remballer, il reste juste un peu d’eau et
les habituels fruits secs nous manqueront cruellement un peu plus loin. De plus, ils nous apprennent qu’il reste 7 km !!! Quelle déception ! En réalité, nous venions de parcourir non
pas 3 km comme ils l’indiquaient mais 5 km de descente en une heure ! Et il n’en restait pas 7 mais 5 km ! Sur ce, un coureur que nous avions laissé deux heures plus tôt nous
rattrape : dur dur. Nous ne le reverrons pas et il terminera 12 minutes avant nous.
Mais on repart, bien décidés à atteindre notre objectif : finir tous ensemble. Arrive cette fameuse montée en single track.
Finalement, les « 50 mètres » ont duré 26 minutes, 1,2 km soit 110 m de dénivelé et ont été avalés en plein soleil à la vitesse de presque 2,5 km/heure. Personnellement, je pense que
les bénévoles devraient simplement dire la vérité plutôt que d’essayer de nous rassurer.
C’est enfin la dernière descente tant attendue qui s’offre à nous. Un secouriste arrive à notre rencontre, on lui indique qu’il reste
encore au moins un concurrent puis on continue à descendre. Un peu plus loin dans une dernière montée, Edouard cherche quelque chose à manger. Thierry lui propose une barre de céréales qu’Edouard
apprécie à sa juste valeur ! Il fait l’expérience d’une crise d’hypoglycémie, ce qu’on appelle aussi le mur sur marathon. Dans ces instants, on a tendance à tout engloutir ce que le corps ne
tolère plus. Là, vu notre rythme, il est possible de retrouver une lucidité et des forces. Il reste un peu plus de deux kilomètres et demi que nous parcourrons en 25 minutes. Il y eut d’abord la
joie de retrouver le goudron, puis d’apercevoir des toits, puis la Genest Family venue à notre rencontre (oui même Esteban) et enfin le bruit du speaker annonciateur de la ligne d’arrivée.
Et là, comme par enchantement, les jambes se dérouillent et un grand sourire éclaire nos visages. Quel bonheur d’atteindre notre but tous
ensemble (même en 9 heures) !
Nous voilà ultra-trailers, félicitations particulières à Edouard et à l’équipe en générale. Désormais la prochaine course en équipe se
déroulera fin août, il faudra être encore plus patient mais Bonne Mère, puissions nous atteindre notre but !!!!
un peu plus vite
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